le Grand Cormoran

IMG_5108 grand cormoranNous vous présentons quelques oiseaux que vous avez certainement déjà croisés car ce ne sont pas forcément des « oiseaux rares ». Ils ont passé l’été près de nos étangs, ce qui nous a donné envie de les connaître un peu mieux…
Commençons par le grand cormoran

Le Grand Cormoran, un pêcheur hors pair

Ce grand oiseau noir doit son nom à l’ancien français « corp » (corbeau) et « marenc » (marin).

Cet oiseau grégaire (c-à-d qu’il vit en groupe) est très répandu dans le monde entier, présent sur tous les continents hormis l’Amérique du Sud. En France, nous le trouvons le long des côtes bien sûr, mais également près des lacs et des grands cours d’eau riches en poissons.

Il se reproduit sur les côtes bretonnes, normandes et picardes, ainsi que dans les terres en Vendée et Picardie.

C’est un oiseau sédentaire, à l’exception des populations du nord qui migrent vers les régions plus clémentes en hiver. C’est ainsi que certains cormorans qui passent l’hiver dans nos régions ont fait le voyage depuis les Pays-Bas ou le Danemark.

Lorsqu’ils se déplacent en groupes les cormorans forment un « V » dans le ciel (formation en chevron). Ils profitent ainsi de l’impulsion donnée par l’oiseau de tête, qu’ils vont relayer régulièrement.IMG_1716 grand cormoran Bretagne

Description

Ce grand oiseau mesure 1m de long, pour environ 1,50m d’envergure, et pour un poids d’environ 3kg.

Tout de noir vêtu, il arbore un bec puissant et crochu plus clair, à la commissure jaune (les jeunes ont le ventre clair)

Ses yeux verts ont la capacité de s’adapter à une vision sous-marine, ce qui contribue à en faire un pêcheur redoutable.

Son allure permet également de le reconnaître : on peut parfois le voir, ailes écartées, se faire sécher au soleil car ses plumes ne sont pas imperméables.

Sa durée de vie moyenne est de 8 ans, même s’il peut vivre jusqu’à 20 ans.

Un pêcheur hors pair

Alors qu’il nage à la surface, il repère ses proies en plongeant la tête car il est capable d’adapter sa vision sous l’eau. Il plonge ensuite à 4, 6, et jusqu’à 10m de profondeur pour attraper le poisson. Les grandes palmures de ses pattes lui permettent de se déplacer rapidement sous l’eau, et il peut tenir jusqu’à 1mn en apnée.

Une fois le poisson attrapé, il doit l’avaler dans le bon sens, c’est-à-dire tête la 1ère pour éviter de se blesser. Il remonte donc à la surface et le retourne en le lançant en l’air si nécessaire.

Ses plumes ne sont pas totalement imperméabilisées, cela lui permet de se lester sous l’eau. Mais la partie de pêche terminée, il doit les faire sécher! On peut donc le voir perché, les ailes légèrement écartées, prendre un bain de soleil. Cette position faciliterait également sa digestion en s’exposant ainsi.

La perméabilité de son plumage serait due au fait que sa glande uropygienne est atrophiée (voir plus bas)

Ami ou ennemi ?

Ses qualités d’excellent pêcheur lui ont valu d’être persécuté par les hommes qui le considéraient comme un concurrent gênant. Après une forte baisse de sa population, il a été inscrit sur la liste des oiseaux protégés, ce qui a permis à l’espèce de se stabiliser.

Cependant certaines dérogations sont accordées par les préfets à la demande des pêcheurs ou pisciculteurs pour éviter des « dommages importants aux piscicultures en étang », et pour se préserver des  « risques présentés par la prédation du grand cormoran pour les espèces de poissons protégées » (code de l’environnement). Des quotas sont attribués pour 3 ans en fonction de l’évolution des populations des cormorans.

Pour limiter le risque de saturnisme aviaire (voir plus bas),  les tirs de régulations doivent se faire avec des cartouches sans plomb.

 

S’il est chassé en occident, il a été utilisé en Chine et au Japon depuis plus de 1000 ans, où les pêcheurs ont profité de son habileté pour pratiquer la « pêche au cormoran ».

Les cormorans, dressés pour pêcher en eau douce, avaient un collier ajusté autour du cou. Ils partaient de la barque du pêcheur pour pêcher le gros poisson et le ramener au bateau sans pouvoir l’avaler. Le pêcheur n’avait plus qu’à le récupérer. Cette pêche est aujourd’hui surtout une attraction touristique.

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Glande uropygienne

Cette glande, situe près du croupion, est présente chez tous les oiseaux. Elle produit une substance huileuse qui protège et imperméabilise le plumage. Lors de la toilette, les oiseaux en enduisent leurs plumes.

 

Saturnisme aviaire

Le saturnisme (intoxication par le plomb), est une maladie qui touche aussi les oiseaux.

L’intoxication a plusieurs causes :

L’oiseau avale des billes de plomb provenant des cartouches : elles sont mélangées à la nourriture ou alors il les confond avec des gastrolithes (ces petits cailloux avalés volontairement et stockés dans le gésier pour broyer les aliments). 12 billes de plomb peuvent tuer un cygne.

Les oiseaux prédateurs ou charognards s’intoxiquent par le biais de leurs proies, lorsqu’ils mangent des animaux blessés à la chasse.
Le condor de Californie, grand rapace charognard que l’on trouvait an Amérique du Nord, a presque disparu à cause au saturnisme. Sa disparition a été évitée grâce à un programme de reproduction en captivité.

Les études sur le saturnisme aviaire sont récentes. Elles ont cependant amené en France à l’interdiction de chasser depuis, vers, et dans les zones humides avec de cartouches contenant du plomb depuis 1986.

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